Adolescents : quelles drogues pour quels risques ?

Premier verre d’alcool, première cigarette, première ivresse, puis premier joint se succèdent entre 13 et 15 ans en moyenne. Contrairement aux idées reçues, ces expérimentations ne se font pas avec une précocité de plus en plus grande. Après avoir effectivement constaté une baisse des âges d’initiation entre 2000 et 2005, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies montre que la tendance s’est même inversée, en particulier pour l’expérimentation de tabac qui recule de huit mois (13,4 ans en 2005 contre 14 ans aujourd’hui). À noter que, pendant l’adolescence, le cerveau, encore en transformation, est plus vulnérable aux molécules contenues dans ces différentes drogues qui en perturbent l’équilibre.

Adolescent
Tabac

15 % des jeunes de 15 ans disent fumer tous les jours. Ils sont plus du double à 17 ans. Particulièrement addictif, le tabac augmente les risques de nombreux cancers – notamment bronchopulmonaires –, de maladies cardiovasculaires et de maladies respiratoires chroniques.

Alcool

À 15 ans, 41,5 % déclarent avoir consommé de l’alcool au cours du mois précédant l’enquête. À 17 ans, 12 % des adolescents disent consommer plus de dix fois par mois de l’alcool, ce qui traduit qu’une régularité est en train de s’installer. La consommation d’alcool est bien plus fréquente chez les garçons, qui sont trois fois plus nombreux à déclarer en boire régulièrement. Enfin, près d’un jeune sur deux de cet âge a rapporté, au cours du mois, s’être adonné au binge drinking, soit le fait de boire de manière excessive et rapidement pour tomber dans l’ivresse. La consommation régulière d’alcool durant plusieurs années augmente les risques de développer de nombreux cancers, des maladies cardiovasculaires, une cirrhose et un diabète.

Cannabis

28 % des jeunes de 15 ans et la moitié de ceux de 17 ans déclarent avoir déjà fumé ce produit pourtant illicite. Près d’un adolescent sur dix se dit consommateur régulier. À 17 ans, les garçons se montrent sensiblement plus expérimentateurs de cannabis que les filles : 49,8 % contre 45,8 %. Et ils s’inscrivent davantage qu’elles dans des modes de consommation répétés, voire réguliers : 12,5 % versus 5,8 % pour la régularité. Un usage précoce et régulier de cannabis comporte des risques de dépendance et de troubles cognitifs, sans oublier des risques psychiques : difficultés de concentration, détérioration de la mémoire de court terme et des facultés d’apprentissage, source de difficultés scolaires, perte de motivation. Comme pour l’alcoolisation aiguë, la consommation de cannabis peut également entraîner des dommages immédiats ou situationnels : bagarres, rapports sexuels non désirés, accidents de la route, condamnations judiciaires…

Médicaments psychotropes

L’expérimentation de ces produits concerne près d’un quart des jeunes de 17 ans et se répartit ainsi : 13 % pour les somnifères, 16 % pour les anxiolytiques et 6 % pour les antidépresseurs. Leurs usages sont presque deux fois plus fréquents parmi les filles. Parmi les effets de ces médicaments : idées suicidaires, arrêts cardiaques, psychoses, hallucinations, violences et insomnies. Ces produits sont parfois pris en usage détourné et non sur ordonnance : il est bon de veiller à ce qu’ils ne soient pas en « libre-service » dans la pharmacie familiale.

Autres produits

C’est à la fin de l’adolescence et parmi les jeunes adultes que se font ces expérimentations. Moins de 4 % des 17 ans sont concernés par la MDMA (ou ecstasy), la cocaïne et les amphétamines. Viennent ensuite l’héroïne, le LSD et le crack qui ne dépassent pas 1 % d’expérimentation chez les adolescents. Quant aux champignons hallucinogènes, ils ont été expérimentés par 4 % des 17 ans.

 

Source : Conclusions du rapport Jeunes et addictions de l’Observatoire français des drogue et des toxicomanies (OFDT), paru fin 2016.

Article tiré de notre hors-série Pour une adolescence joyeuse

 


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