Arthur H : « C’est le cerveau global humain qui se réinvente et qui crée »

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L’artiste français s’est engagé avec Le chant des Colibris, l’appel du monde de Demain, lancé le 31 janvier dernier. Aux côtés de Pierre Rabhi, Cyril Dion, Nicolas Hulot, d’artistes et de citoyens, il a signé cet appel qui vise à « remettre la planète et l’être humain au cœur de nos politiques ». Arthur H participera à une tournée de rencontres citoyennes et de concerts organisés dans 6 villes de France de mars à juin 2017. Rencontre avec un citoyen sensible et libre.

Arthur H

Arthur H © Leonore Mercier

Pourquoi vous êtes-vous engagé dans cette campagne citoyenne ?

Pour plusieurs raisons : le désir de rencontrer des gens, nourrir ce rassemblement et cultiver l’espoir que les idées véhiculées par l’appel puissent progresser. Mais la principale raison est liée à l’importance capitale de collaborer avec le vivant, en intelligence et en conscience, avec beaucoup de respect et même d’amour ; être dans le sentiment que la vie est un phénomène merveilleux, être en échange avec les autres, la nature et le monde qui nous entoure. L’idée que l’on exploite le vivant comme quelque chose de mort, comme un objet, m’est vraiment insupportable. C’est une grande violence qui est faite à tout ce qui vit.

Pour autant, je ne trouve pas que l’humanité soit à la porte de l’apocalypse – c’est une idée abstraite qui ne m’intéresse pas parce qu’elle ne mène nulle part. Je suis conscient qu’il y ait des choix à faire, et cet appel est un rêve de société qu’il faut absolument nourrir.

Comment ?

Si j’ai une âme très libertaire et que je n’ai pas du tout envie d’avoir un engagement politique, je ne me pose aucune question sur la fréquentation et l’importance des gens qui font vraiment bouger les choses dans la société civile, avec un côté bienveillant et collaboratif. C’est extrêmement bénéfique pour la société. Je ne suis pas anarchiste, au contraire je trouve qu’aujourd’hui on doit être dans la société en étant très conscient de tout ce qui se passe en terme de pouvoir, de manipulation de masse, etc., mais en agissant quand même. Je suis d’accord avec Cyril Dion sur le fait qu’il est important de développer des idées et de les faire infuser. Si les politiques les reprennent c’est très bien, pourquoi pas !

Une politique respectueuse et un État éclairé devraient vraiment faire confiance aux gens et donner un cadre pour que ceux-ci puissent avoir facilement accès à leur propre création et à leur propre liberté. Or en France on a une espèce de maillage démentiel d’interdits et on dit à tout le monde : « Tu dois rentrer dans cette case là de normalité », mais si tu poses un pied à côté, tu es suspect.

Qu’est-ce qui vous fait rêver dans cet appel ?

Ce qui me fait rêver en ce moment ce sont tous les gens merveilleux qui inventent des solutions nouvelles. Je trouve que l’on vit une époque assez fantastique car dans tous les domaines fondamentaux – que ce soient l’agriculture, la médecine, l’éducation, les sciences, etc. – il y a des solutions magnifiques. C’est le cerveau global humain qui se réinvente et qui crée. C’est l’invention et l’apparition d’un nouveau paradigme.

Arthur H

Arthur H © Leonore Mercier

Y-a-il des lieux, des personnes ou des situations, qui vous inspirent davantage ?

Quand j’ai besoin d’écrire des chansons, j’aime aller dans des endroits très naturels où il n’y a personne parce que l’énergie y est beaucoup plus forte. En matière d’écologie personnelle, j’aime être dans la nature pour essayer de monter mon niveau vibratoire car la création n’est pas vraiment une affaire personnelle, c’est l’histoire de niveaux d’énergie. Si on arrive à monter son énergie, on est presque mécaniquement en contact avec des idées et des histoires. L’essence de l’artiste est de tout célébrer, de parler de tout sans langue de bois ni dogmatisme, pour essayer de dénicher la beauté en toute chose.

Partagez-vous cet élan créateur avec le public ?

Oui parce que si je reste coincé dans mon petit moi avec mes petits problèmes je n’arrive pas à trouver l’inspiration en moi-même et à la partager. Il faut fatalement que je trouve quelque chose qui me dépasse un peu, dans les moments de composition ou sur scène, dans ces instants où l’on habite un espace avec sa conscience. J’essaie de partager cette sensation de découverte de soi, cette forme de liberté liée à une innocence d’être. On englobe les gens avec sa conscience pour vibrer tous ensemble et tenter de monter le niveau de vibration général. Pour moi la scène c’est clairement ça. On est là, on célèbre notre vie, et on la réinvente aussi à travers la poésie, la musique, les mots, comme un souffle condensé, une énergie. Cela ne relève pas de la distraction, c’est un outil dont on se sert pour littéralement créer son destin.

 

Propos recueillis par Sabah Rahmani

© Kaizen, construire un autre monde, pas à pas
Pour en savoir plus : www.lechantdescolibris.fr

 


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Une réponse

  1. gaultier

    Je soutiens “Le chant des colibris” mais lorsque vous invitez les politiques à soutenir le mouvement ,je crains qu’ils s’en servent pour leur intérêt particulier et non pour l’intérêt général du peuple représenté par les Colibris . Il y a tellement de gens remarquables en dehors des partis qui pourraient nous accompagner vers un monde plus humaniste et plus juste

    Répondre

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