Je ne suis pas allée à l’école…

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Valérie et Bertrand ont sept enfants : Hugo, 21 ans, Océane 19, Baptiste 17, Jules 15, Emma 13, Noé 7 ans, Louve 19 mois. Lui est chef d’entreprise. Elle, assure le conseil juridique de l’association « Les enfants d’abord » qui aide les parents qui choisissent de déscolariser leurs enfants.

En 1999, alors que quatre de ses cinq enfants sont scolarisés, Valérie découvre que si l’instruction est obligatoire jusqu’à 16 ans, l’école ne l’est pas. Elle propose alors à ses enfants de vivre avec elle l’aventure. Treize ans plus tard, Valérie et Océane témoignent de leur expérience.

Kaizen : Qu’est-ce qui ne vous convenait pas dans l’école ?

Valérie : Au départ, la manière linéaire d’apprendre, sous la contrainte, les devoirs après des journées harassantes, la souffrance de mon fils ainé qui ne trouvait pas de réponse…

Kaizen : Comment vous y êtes vous prise pour leur faire « l’école à la maison » ?

Valérie : La première année j’ai passé du temps à les observer, à les écouter et à comprendre comment ils fonctionnaient, ce qui les intéressait. Petit à petit, je me suis informée sur les autres pédagogies qui existaient : Cuisenaire (réglettes), Montessori (j’ai utilisé les dictées muettes par exemple), Singapore pour les maths, Les frères Lyons… J’adapte en fonction des demandes.

La famille au grand complet

Kaizen : Et ça a marché ?

Valérie : Oui ! D’autant que je me suis rendue compte que, quoi qu’il arrive, les enfants apprennent ! Ils apprennent seuls à marcher, à parler… Nous n’avons pas besoin de contrôler les enfants pour cela. C’est avant tout une question de confiance. Ils apprennent en lisant des livres, en rencontrant des gens, en posant des questions, en regardant des films, en cherchant sur Internet. Comme nous ! J’ai appris à lâcher prise sur cette idée bien enracinée de l’adulte qui sait et qui va apprendre à l’enfant…

Valérie et Louve

Kaizen : A quoi ressemble l’une de vos journées ?

Valérie : En général, nous sommes tous ensemble pendant une heure le matin (Baptiste, Jules et Emma) autour d’un livre (collection philo par exemple) ou d’un article et nous discutons ensemble du sujet abordé. Après je vois chacun des enfants sur ses projets en cours. Celui qui passe le bac français, Emma qui s’intéresse aux oiseaux et avec qui l’on construit des nichoirs, un atelier pour apprendre à faire des fourchettes en bois tous ensemble, une sortie au palais de la découverte…

Je joue avec Noé dans la journée. Là, il lit une page par jour d’un livre pour apprendre à lire. La très grande partie pour ne pas dire toute la journée il joue, regarde des bouquins, vient faire du sport, passe beaucoup de temps à la ferme pédagogique du Piqueur (le mercredi et toutes les vacances scolaires). Nous sortons beaucoup (musées, expos, débats), nous voyageons…

Kaizen : Comment avez-vous fait pratiquement ? Est-ce que vous travaillez ?

Valérie : Je travaille à la maison. Et puis nous ne restons pas collés toute la journée les uns aux autres. Il faut arrêter de considérer que l’on doit absolument être avec les enfants pour qu’ils apprennent. Si l’environnement est favorable et qu’ils ont accès aux livres, à des sorties, à l’ordinateur, ils peuvent, pour partie, se débrouiller sans vous. Ceci dit, tous les métiers ne s’adaptent pas à ce type de fonctionnement.

Kaizen : Et sur l’aspect de la socialisation ? On a coutume de dire que l’école remplit aussi cette fonction…

Valérie : Ce n’est pas parce que les enfants ne vont pas à l’école qu’ils restent toute la journée enfermés à la maison ! Ils ont des activités associatives qui leur permettent de rencontrer des gens, et passent beaucoup de temps avec leurs copains.

Kaizen : Qu’est-ce qui compte le plus pour vous dans cette expérience ?

Valérie : Pouvoir vivre avec mes enfants. C’était ma première motivation. Un jour je me suis dit : « Valérie, tu as mis des enfants au monde et tu es leur nounou. » Je me suis rendu compte qu’ils passaient beaucoup plus de temps à l’extérieur qu’en famille. Et je me suis demandé : à quoi bon avoir des enfants si ce n’est pas pour partager, pour grandir avec eux ? Aujourd’hui, quand je vois leur épanouissement et la qualité de nos relations, je ne le regrette pas…

Océane a maintenant 19 ans, après des années de déscolarisation elle est aujourd’hui à la fac…

Kaizen : Quand as-tu quitté l’école ?

Océane : J’ai été à l’école jusqu’en CM1.

Océane fait une expérience à la Cité des Sciences

 

Kaizen : Qu’est-ce qui a le plus changé pour toi ?

A peu près tout ! Mon quotidien, ma façon d’apprendre, la relation avec ma famille…

Kaizen : tu es aujourd’hui à l’université, qu’est-ce qui t’a donné envie de retourner dans le contexte scolaire ?

J’étais attirée par la biologie et j’avais envie de creuser cette voie. A partir d’un moment, il n’y a plus vraiment le choix, il faut passer les diplômes. Avec mon frère nous avons décidé de passer un bac S. Nous avons potassé les annales deux mois et demie avant les examens et je l’ai eu au ras des pâquerettes.

Kaizen : la réadaptation a été facile ?

Je sais m’asseoir sur une chaise, écouter quelqu’un qui parle et prendre des notes, donc en gros ça va ! (rires) J’étudie ce qui me passionne, mais je m’ennuie horriblement. Je n’ai jamais eu l’impression de passer autant de temps à apprendre si peu de choses. Si j’avais été toute ma scolarité dans ce contexte, mon cerveau se serait atrophié !

Kaizen : Avec le recul, qu’est-ce qui te semble ne pas fonctionner dans le modèle scolaire actuel ?

La façon d’apprendre ! Se retrouver toute la journée assis derrière une chaise à entendre quelqu’un nous déverser un cours, puis apprendre par cœur tout ça quinze jours avant les examens pour tout oublier après, je ne vois pas à quoi ça sert. En dehors de l’école j’ai appris des milliers de choses en rencontrant des gens (adultes et enfants), en voyageant, en lisant des livres, en vivant des expériences…

Kaizen : Après coup est-ce que tu es heureuse que tes parents t’aient proposé ce choix ?

Je les remercie tous les jours ! C’était d’une richesse incroyable de pouvoir apprendre de cette façon, d’être libre…

Kaizen : Est-ce que tu laisseras le choix à tes enfants ?

Oui bien sûr. Mais honnêtement entre aller à l’école et ne pas y aller, le choix est vite fait ! Et puis, j’ai eu un tel bonheur à vivre cette expérience que j’ai vraiment envie de la faire partager à mes enfants.

Propos recueillis par Cyril Dion

 

Extrait du dossier L’école à quoi ça sert ? de Kaizen 3.

32 commentaires

  1. Roland

    Ce témoignage séduisant présente une option qui ne peut s’appliquer qu’à des enfants ayant la chance d’être “tombés” sur de “bons” parents. La déscolarisation de masse ( absentéisme observé chez les pré-adolescents expose malheureusement les enfants à l’absence totale d’encadrement. Encadrement basique offert par l’Ecole, espace-temps de référence pour les enfants de moins de seize ans “tombés”, pour grand nombre d’entre eux, sur des parents défaillants.

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    • Eric

      Entièrement d’accord.

      Je soutiens de tout cœur les démarches de bonne volonté et sincères. Mais certains ne sont pas conscients des contraintes que vivent familles et enfants dans la majorité de la population.

      Pour pouvoir apprendre “à la maison” le français, les maths, les sciences, les langues, etc, il faut avoir des parents qui ont un profil particulier : des parents qui ont eux-mêmes fait des études, et qui ont une sensibilité socio-culturelle, des aptitudes pédagogiques (réelles ou autoproclamées) pour rendre le contexte familial propice à l’apprentissage de toutes ces matières. Bref, c’est dans un milieu socio-culturellement favorisé qu’une telle approche est possible. Je ne parle pas forcément de moyens financiers élevés, je parle bien de culture, de réflexion alimentée par cette culture et l’expérience de vie.

      Comme le dit une personne plus bas, un enfant laissé seul à lui aura plus tendance à regarder la tv ou à jouer (et/ou se chamailler) avec frères, sœurs ou amis qu’à apprendre le français, les maths et les sciences etc. Sans compter l’influence de la rue. Vos enfants fréquentaient-ils au quotidien des enfants de milieu socio-culturellement défavorisés, dans des quartiers “chauds”, et/ou dans des banlieues ouvrières où la maorité des parents d’enfant n’a pas fait d’études?

      Aussi critiquable soit-elle, je dis à plus d’un égard : vive l’école. Sans elle, je ne saurais pas lire, compter etc, je n’aurais jamais pu faire le métier que j’ai fait, et il y a quantité de gens avec lesquels je n’aurais jamais dialogué, tels que vous, ni rencontrés. Ce n’est pas sur mes parents, qui ont arrêté les écoles très tôt, que j’aurais pu apprendre tout cela.

      J’invite à une prise de conscience : d’aussi bonne volonté soient certains, ils n’ont parfois aucune idée que leur situation est privilégiée et ne naît pas de nulle part.

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      • Eric

        correction de la fin du post précédent :
        Ce n’est pas de mes parents, qui ont arrêté les écoles très tôt, que j’aurais pu apprendre tout cela.

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  2. Roland

    Erratum.
    Merci de bien vouloir ajouter une parenthèse fermante comme suit :
    ( absentéisme observé chez les pré-adolescents ).

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  3. Jean-marc

    Témoignages intérressants mais qui traduisent, à mon sens, soit une réaction émotionnelle intense, soit une analyse trop rapide de la situation de l’école dans notre société et du rôle que le corps social a donné aux enseignants à savoir:

    Les enseignants ne doivent et ne peuvent enseigner que la conscience d’une société et ceci dans toutes les sociétés.

    Si on veut repenser les rapports sociaux et donc le modèle social, ne devrait-on pas repenser, ensemble, le rôle de l’école? En privilégiant par exemple le développement harmonieux de la personnalité de l’enfant et en abolissant l’éducation compétitive base du systéme social en extension

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  4. laure

    L’absentéisme a ses raisons, si l’école n’était pas un “espace-temps de référence” lui -même défaillant, si les enfants s’y sentaient bien, ils y iraient tous le coeur léger. A moins de considérer qu’un enfant ça se dresse, je crois que plutôt que de sanctionner l’absentéisme, il faudrait écouter la souffrance qu’il exprime et faire de l’école un lieu qui respecte, qui offre et non qui stigmatise et soumet.

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    • Lana

      Absolument! Ici, quatre enfants et IEF depuis un an, c’est justement LEUR refus de s’y rendre (dûment signalé à l’académie par la directrice, alors que je tentais depuis des mois de parler de leur ennui et de trouver une solution) qui nous a amenés à sauter le pas et passer à l’IEF.

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  5. Delphine

    Je comprends votre point de vue Roland, mais je trouve qu’au delà de faire l’éloge de la déscolarisation, cet article soulève en premier lieu des interrogations quant à la manière d’enseigner dans les écoles.

    Il existe d’ailleurs de plus en plus d’écoles alternatives, appliquant des pédagogies plus proches de ce que ces enfants ont vécu en faisant “l’école à la maison”.

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    • Eric

      Hélas, ces écoles ne sont pas accessibles financièrement à la majorité de la population. Et d’autres paramètres encore en rendent l’accès limité.

      Répondre
  6. ensemble

    .
    jolis témoignages…
    mais quelques lacunes… on nous présente comme panacée une sorte “d’école a la maison” voire pire une ‘instruction en famille’… et certains ici croient même… que l’on peut ‘améliorer’ ‘reformer’ l’institution scolaire…!!!

    ce sont des voies sans issues, une déperdition quasi totale d’énergies!

    il est tellement bien plus bénéfique de passer tout de suite a l’étape suivante…

    le rejet radical des systèmes apparentés au scolaire, ni “éducation”, ni “instruction”….

    les résultats sont là…

    nous sommes de nombreux parents a avoir réussi a préserver nos enfants de ces horreurs!

    aujourd’hui adultes ils peuvent témoigner…. nous aussi…
    écoles et apprentissages industriels ne servent a rien!

    bien au contraire ils nuisent grave!

    un “vivre ensemble” de bonne qualité est cent fois meilleur!

    le jour et la nuit

    des êtres ouverts intelligents pas cassés par un formatage stérile….
    ni dominants ni ‘dominables’!
    ouverts, calmes, solides, aptes a la coopération égalitaire!

    que l’on soit clair: des enfants a qui il y a 20 ou 30 ans on a pris soin de ne “rien” apprendre… ni écriture ni lecture ni….
    (la plupart ont d’ailleurs, pour rassurer les pathologiquement inquiets… appris s’ils le souhaitaient… tout seuls… et quasi sans s’en rendre compte! parfois tôt, parfois un peu plus tard…

    et tout ce qu’ils ont souhaité.. souvent très facilement… quasi sans s’en rendre compte comme dit plus haut…
    juste en vivant…

    et détrompez vous pas en lien avec le milieu parental/ niveau caste etc…

    compte seul… volonté, ouverture et un tout petit peu de bonne organisation vers de la “vraie” vie!

    paradoxalement , a l’inverse de la vie sociale majoritaire… les enfants de profs (pourtant sur-representés!) en profitent un peu moins que les autres… déformations professionnelles des pauvres parents “ensaignants”?

    ah aussi… comparer du “vrai” unschooling (pas homeschooling!!) ..
    de la nonsco choisie… avec du rejet (cependant bien compréhensible!)par des enfants et familles massacrées par l’école… cela a t-il un sens?

    bien que en fait (jeunes) ‘ensaignants’ nous avions aussi ces préjugés… a vivre a long terme avec eux, nous avons pu vérifier que pour eux, leurs vies devenais plus dignes et plus positives lachés en ville et parfois en galère que contraints et humiliés de manière constante dans les camps de concentration pour mômes… ces orphelinats a temps partiels comme les nommait si bien une collègue…

    mais bon là on reste dans les politiques du moins pires…
    et nous préférerions des formes de vraies vies ouverte avec les enfants (et tous!) au coeur…
    “vivre ensemble” pas (du tout!) besoin “d’éduquer”!

    il y a tant e témoignages…

    le système d’élevage industriel en batterie n’est pas amendable..
    concentrer les enfants qui dans la nature (que non plus nous ne mythifions pas!)
    sont a des taux de un pour sept ou huit grands et adultes…
    a des proportion inverse
    sept pour un adulte (cela fait déjà un rapport de un a 50!) et même deux fois trois fois quatre fois etc sept!!!
    quelle folie…

    il faut tout un vaste village pour vivre en harmonie avec quelques enfants!

    pour les personnes a l’esprit pas trop entravés par les formatages decerebrants et l’entubage cathodique permanent…
    si vous n’avez pas trouvé en vous le rejet de ce gavage de cet autoritarisme forcené (ou qu’ils soient accommodés, pour tenter de les sauver, a la sauce de ces fachos obscurantistes genre steiner, montessori and co) quelques pages vous agréeront peut-être

    le court texte sur http://infokiosques.net dans la bonne rubrique…’ils veulent nous apprendre a marcher en nous coupant les pieds’ ou plus doux les textes de catherine baker (via son entrée dans wikipedia… comme celle de christiane rochefort, auteure de tant de best sellers.. et de l’essai phare “les enfants d’abord” …
    pour cb: “les cahiers au feu” et “insoumission a l’école”… en librairie a pas cher ou téléchargeable sans frais sur le site de son deuxième éditeur
    http://tahin-party.org

    les sites “rencontres3” et “vens” (vivre ensemble et non éduquer)
    ont également quelques pistes…

    et si plusieurs assoces de non sco ont très mal viré…
    il reste de bons groupes de parents… bien organisés… en région parisienne et dans d’autres villes…
    ainsi que des groupes qui réfléchissent a une vie avec les enfants “sans la violence” et ses variantes autorité, pédagogies etc.

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  7. Caroline

    Je suis ravie de lire cet interview qui confirme ma réflexion sur le sujet.
    Serait-il possible d’approfondir le sujet ou pouvez-vous, s’il vous plaît, poster des liens vers d’autres expériences? Merci

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  8. ecolemaison

    Ce programme canadien d’apprentissage est intéressant:
    http://www.alice-miller.com/articles_fr.php?lang=fr&nid=121&grp=17

    “Au coeur du programme Racines de l’empathie, il y a un nourrisson du quartier, qui visite la classe une fois par mois accompagné de son parent, tout le long de l’année scolaire. Au total, les instructrices* de Racines de l’empathie dirigent 27 visites, dont neuf sont aussi des visites de la famille. Les instructrices jouent un rôle essentiel dans la réussite du programme, car ce sont elles qui guident les enfants pendant les cours, soutiennent et forment le parent bénévole et agissent en coordination avec l’enseignant*.

    La nature interactive du programme favorise la compréhension des sentiments. En effet, c’est grâce à l’observation des comportements du bébé que les enfants apprennent le nom des émotions. L’instructrice les incite ensuite à repérer dans leur propre expérience l’expression de
    sentiments similaires. Finalement, la connaissance de soi sert de passerelle vers la compréhension des sentiments d’autrui (l’empathie). Dans les classes Racines de l’empathie, on enseigne un « vocabulaire des émotions », c’est-à-dire à décoder et à connaître ses propres émotions et à être sensible aux sentiments d’autrui.
    […]”

    Répondre
  9. amandine

    Le témoignage pourrait être enrichissant si la jeune fille si épanouie de 19 ans ne faisait pas une vilaine faute de français. .《.j’ai été à l école》. ..c est dire. ..

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    • Carole

      Nous sommes ravies si vos enfants sont des experts en langue française. Mais vous croyez qu’aucun enfant scolarisé de 19 ans ne l’aurait pas fait ? Il ne faut pas considérer l’instruction en famille comme “le meilleur” mais comme “un autre” choix.. qui si il ne fait pas mieux que l’école, ne fait pas pire !

      Répondre
      • Virginie

        Que c’est nul de relever cette tournure de phrase: tout le monde ou presque, surtout à cet age, l’utilise, école ou pas école !
        C’est donc totalement inutile de relever cela.
        Bas aussi …

        Répondre
  10. .Oni

    Premier titre avant correction “je n’ai pas été à l’école” puis “j’ai été à l école”.
    Le système scolaire peut être critiqué sur beaucoup de point mais au moins on y apprend la langue française…

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  11. Papi Roger

    Avez-vous lu “plaisir d’aller à l’école” par des anciens élèves de Claire HEBER-SUFFRIN aux éditions Chronique sociale de France (Lyon) ?

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  12. Vivel'école

    Contrairement à ce que dit cet article, beaucoup d’enfants n’apprennent pas tout seul, ils passent leurs journées devant une télévision à regarder des émissions de Télé-réalité complètement stupide. Un adulte pourra, lui, avoir la spontanéité d’aller apprendre, or pour beaucoup d’enfants, seul la contrainte s’avère efficace. Quand la personne parle de journées harassantes, avec les devoirs à faire à la maison, il faut peut-être relativiser un peu et remettre les choses dans leur contexte, les devoirs durent en général moins d’une heure et les week-ends laissent largement le temps aux enfants pour se cultiver. Dans un système ou l’enfant est en permanence dans sa famille, comme celui prôné ici, c’est inévitablement sa capacité à s’ouvrir aux autres qui est amputée, comme celle à s’adapter à d’autres environnements. Il ne faut pas oublier que l’école offre une formation pluridisciplinaire et assez riche dans chaque domaine. Mais son rôle ne s’arrête pas ici, puisque c’est à elle qui advient le rôle d’offrir une culture républicaine aux enfants. Ce système montre ses failles rien que dans cet article puisque la jeune fille mentionne qu’elle a eut son bac de justesse. Il ne faut pas non plus limiter le rôle de l’école à celui de l’apprentissage puisqu’elle offre d’autres expériences que peu de gens auront la chance d’avoir, récemment j’ai pu me fondre dans le rôle d’un procureur pour une audience dans un tribunal de grande instance. Certainement à l’école il y a des faibles et des forts, mais comme partout, et vouloir protéger son enfant de se système de dominé dominant n’est pas lui rendre service puisque la vie est régie par ce fonctionnement. Les enseignants constituent également d’importants agents de socialisation, personnellement j’ai trouvé mon orientation grâce à un de mes profs; ils nous apprennent aussi à garder les pieds sur terre et à trouver une orientation qui correspond à nos capacités, tandis que les parents eux s’obstine à croire en leurs enfants qu’elles que soient leurs compétences. Mes profs m’ont beaucoup appris, et des choses que ma famille ne m’aurait jamais enseignée. Je considère devoir beaucoup à mes professeurs et à ce que l’école m’a appris.

    Je suis Lycéen, fier de l’être, et vive l’école!

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    • Michel Joseph Auguste

      Merci beaucoup pour ce message qui va à l’encontre de la logique libérale libertaire (ou autrement dit libertarienne) de ce site et de nos nos sociétés actuelles.
      Le genre de méthodes prônées dans cet article dont l’objectivité est inquiétante, aboutira à un clivage plus important dans nos sociétés. C’est un peu la défaite du politique que de ne trouver les solutions que dans le cercle familial, cercle le plus arbitraire qui soit. L’école, bien qu’imparfaitement (puisque rien n’est parfait), contribue à la réduction de cet arbitraire, en se faisant confronter enfants de milieux aisés avec enfants de milieux qui le sont moins.

      Quant à parler des “journées harassantes” des enfants à l’école, je propose à tous ces enfants merveilleux un stage découverte dans les mines sud-américaine, asiatiques et africaines où travaillent leurs congénères. A leurs parents aussi d’ailleurs et surtout. Gratuit.

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  13. Sylvia Dorance

    Je crois qu’il faut sortir de la “guerre” instruction en famille / école. La vraie question, c’est la méthode et l’attitude de l’éducateur : considérer que l’enfant est une personne à part entière avec des goûts, des rythmes, des particularités, l’aider à renforcer sa confiance en lui et son autonomie, être là quand il a besoin d’aide, de conseils, d’informations, le laisser faire ses propres expériences le reste du temps, favoriser sa créativité, ne pas l’inhiber par un système pernicieux de récompenses et de punitions… Cela s’appelle la pédagogie active (Montessori, Freinet…). Cela peut se pratiquer aussi bien à l’école qu’à la maison.

    Répondre
  14. Sarah

    Les enfants handicapés aux besoins spécifiques …quelle est leur place dans tout ça ? mon fils est autiste asperger, je serait intéressée d’avoir le témoignage de parents ou d’enfants qui ont fait le choix d’un apprentissage alternatif avec cette situation précise.

    Répondre
  15. Laetitia

    Ce témoignage est idyllique, c’est formidable que certaines personnes vivent une vie la meilleure possible. Mais est ce que remettre à ce point l’Ecole en question, qui joue le rôle de moteur de l’égalité des chances, ne va pas justement accentuer les clivages dans la sociétés (et donc les incompréhensions, les jalousies) ? L’Ecole est loin d’être parfaite, mais dans mon cas personnel, je ne serais pas là où je suis actuellement sans elle car j’ai dû grandir dans une famille incestueuse. Merci à l’Ecole, présentée comme obligatoire et inadaptée, j’y ai bien moins souffert que dans ma “famille”.

    Répondre
    • Simon Beyrand

      Bonjour,
      Comme indiqué, il s’agit d’un article extrait du dossier L’école à quoi ça sert ? de Kaizen 3.
      Belle journée

      Répondre
  16. Marine

    Merci Kaizen! 🙂

    Pour révolutionner le monde de l’éducation, faire émerger des idées, un petit article ne suffit pas, et je suis sûre que tu le sais! Donc, comme toujours, fidèle à ton rôle d’explorateur positif, tu nous entrouvres des portes. A nous de les ouvrir complètement!

    J’ai lu l’ensemble des commentaires, tous porteurs d’informations intéressantes! Les interrogations sont dans la tête de tout le monde et cela travaille dur!

    Mais ce qui est sûr, c’est qu’il faut des pionniers, des gens qui osent, qui essaient…qui réussissent…qui ratent parfois. C’est aussi ça, le changement.

    Bonne continuation à cette famille! Au-delà d’un modèle livré clé en main à la destination de tous, c’est une conviction personnelle profonde que vous avez exprimée au travers de l’éducation de vos enfants!

    C’est bien!
    Bonne journée à tous!

    Répondre
  17. violette besseau

    Il va sans dire que l’IEF n’est pas compatible avec une télé trop présente à la maison. De façon plus général, école ou pas école, il faut considérer la télévision comme un problème majeur de santé publique, par tous les effets délétères qu’elle entraîne, particulièrement au jeune âge; Je vous renvoie à la vidéo conférence passionnante et accessible “TV lobotomie”.
    Je crois que ce n’est pas l’école en elle-même qui est critiquée, mais bien la manière dont elle est faite. Les découvertes en neurosciences ne laissent plus de doutes à ce sujet.
    En attendant de trouver un autre moyen épanouissant (écoles alternatives effectivement chères ou peu présentes selon les régions), l’IEF est une option très intéressante.
    Je conseille le film “être et devenir” à ce sujet, il répond à bon nombre de questionnements ou d’inquiétude…

    Répondre

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