Martin Hill, « artiste environnemental »

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Depuis plus de 20 ans, l’artiste anglais Martin Hill et sa collaboratrice Philippa Jones créent des installations éphémères à partir de neige, de pierres, de feuilles ou de branches. Seul témoignage de ces œuvres vouées à disparaître : la photographie…

© Martin Hill 1

Le cercle est un motif central dans vos créations ; que représente cette forme pour vous ?

Il y a deux raisons pour lesquelles j’utilise le motif du cercle. Tout d’abord, c’est une métaphore visuelle qui évoque le système cyclique de la vie, c’est-à-dire la façon dont la nature fonctionne, sans créer aucun déchet. Le cercle fait également référence au processus cyclique de l’art éphémère : je fais des sculptures à partir de matériaux naturels qui, au final, retournent à la terre.

On voit peu d’êtres humains dans vos photos… Quel message voulez-vous faire passer ?

Les photographies témoignent de la présence des sculptures dans le paysage. Ces sculptures sont faites par des mains humaines, celles de ma collaboratrice, Philippa Jones, et les miennes. Cette présence humaine est flagrante, car ce sont des agencements qu’on ne retrouve pas naturellement dans le paysage ; ils contrastent donc visuellement avec leur environnement, tout en étant en harmonie avec lui. Plus récemment, nous nous sommes mis à figurer des silhouettes humaines dans notre travail, sortes de gardiennes de la nature, car seuls les humains peuvent empêcher un changement climatique extrême et une catastrophe écologique.

Pourquoi immortaliser par l’image des œuvres destinées à être éphémères ?

La raison principale – et ma plus grande motivation – pour laquelle je réalise ces sculptures éphémères est que je souhaite faire connaître à un maximum de personnes la philosophie du land art. La nouvelle économie durable est cyclique, comme la nature… Rien ne se perd, tout se transforme, car c’est ainsi qu’est conçue la nature.

Pensez-vous qu’une vision esthétique de la nature telle que vous la véhiculez peut sensibiliser à la protection de l’environnement ?

À travers ces œuvres, je souhaite que les gens se rendent compte non seulement de la beauté de la nature elle-même, mais aussi de la beauté de son cycle. Ce cycle, nous pouvons faire le choix de l’imiter et ainsi assurer notre survie en tant qu’espèce.

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Entretien réalisé par Pascal Greboval. Traduction Diane Routex.

 


Retrouvez les œuvres de Martin Hill dans notre hors-série 6, Je suis heureux et sobre.

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2 commentaires

    • Florence

      Quelle bonne surprise de trouver un artiste de chez moi (Wanaka en Nouvelle Zelande) dans votre magazine que je viens de decouvrir a l’autre bout de la planete. Tres inspirant et positif, d’ailleurs, bravo!

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