Notre parti : la terre et l’humanisme

1

Comment déceler l’intention de l’autre ? En période d’élections, cette clarification peut être nécessaire !

Chez Kaizen, notre intention est claire. Construire une autre société, plus respectueuse des humains et de la nature, plus juste, plus équitable. Reste après à définir les modalités. Avant d’être factuelles, elles sont structurantes – la règle précède la forme :

– pour atteindre cet objectif, il n’y a pas une vérité, mais différents chemins ;

– imiter la nature, c’est-à-dire coopérer ;

– articuler transformation sociale et transformation personnelle est une nécessité, comme le prônent Gandhi, Pierre Rabhi et Patrick Viveret.

En s’appuyant sur ce triptyque et la mise en place d’un système de valeurs communes, on peut alors commencer la collaboration. C’est à cet endroit que la complexité s’installe. Comment co-construire avec le plus grand nombre en respectant les sensibilités de chacun-e ? Ou, dit trivialement, comment faire avec le PFH (Putain de facteur humain) ? C’est ici que le troisième point prend son importance. Car, si nous sommes nombreux à avoir le même objectif, nous imaginons tous différents chemins pour l’atteindre. Comment respecter, accepter cette diversité ?  Krishnamurti et les accords toltèques nous suggèrent de bonnes pratiques.

Le philosophe indien nous rappelle[1] qu’« un récipient n’est utilisable que lorsqu’il est vide, et un esprit qui est empli de croyances, de dogmes, d’affirmations, de citations, est en vérité un esprit stérile, une machine à répétition […] Une croyance, religieuse ou politique, nous interdit de nous connaître, de toute évidence. Elle agit comme un écran à travers lequel nous regardons. » Bref, ni parti ni Église, nous dit Krishnamurti. Ça ne veut pas dire « ne pas avoir d’opinion », comme le précise Gilles Farcet, cela signifie que l’humanité prime sur les partis politiques.

humanité

Quant aux accords toltèques, ils nous invitent à suivre quatre points :

Que votre parole soit impeccable : parlez avec intégrité, ne dites que ce que vous pensez. N’utilisez pas la parole contre vous ni pour médire d’autrui.

N’en faites jamais une affaire personnelle : ce que les autres disent et font n’est qu’une projection de leur propre réalité. Lorsque vous êtes immunisé contre cela, vous n’êtes plus victime de souffrances inutiles.

Ne faites aucune supposition : ayez le courage de poser des questions et d’exprimer vos vrais désirs. Communiquez clairement avec les autres pour éviter tristesse, malentendus et drames.

Faites toujours de votre mieux : votre « mieux » change d’instant en instant. Quelles que soient les circonstances, faites simplement de votre mieux et vous éviterez de vous juger.

On peut se référer à d’autres « codes », et l’objet n’est pas d’en faire de nouveaux évangiles. Ce sont des phares. Mais, avec cette grille de lecture, nous évitons l’écueil d’une vision duelle pour offrir une approche écosystémique. La dualité est source de tension, l’écosystème favorise la création. La vie n’est pas une suite de bocaux posés sur une étagère. Ainsi, nous nous efforçons de faire notre métier : donner un élan à celles et ceux qui veulent passer à l’acte, mettre en lien et ouvrir des portes à celles et ceux qui œuvrent pour construire une nouvelle société.

En résumé, et pour mémoire, en cette période de tension électorale, notre seul et unique parti, chez Kaizen, est la terre et l’humanisme. L’indépendance financière et politique est la garante de notre cohérence.

 

Pascal Greboval, rédacteur en chef de Kaizen

 

[1] Dans La Première et dernière liberté, Stock, 2010

 


Lire aussi : Soyons acteurs de la cité

Lire aussi : « La plupart des gens sont pris par leur travail » Jiddu Krishnamurti

Enregistrer

Enregistrer

Une réponse

  1. TRUBLET Colette

    Hannah Arendt a montré comment n’importe quel humain pris dans un système où il fonctionne sous les ordres d’un chef est amené à organiser des génocides sans aucune culpabilité ni humanité, tel Eichmann qui a répété sans sourciller durant tout son procès “J’ai obéi aux ordres de mon Führer” sans jamais remettre en cause son obéissance. Chez nous, en Bretagne, notre Barde Glenmor a clamé ” L’humain qui se veut tel, n’a qu’un seul devoir : l’insoumission”. Et mon petit fils, qui n’avait pas encore six ans, m’a donné la clé : “Hein Mamie, nous les Bretons, on est obligés de défendre notre paysage avec l’idée française”. Moi, après tous ceux-là, je peux dire : “Les peuples (de souche et d’adoption) sont les écoles PREMIÈRES de la fraternité”. Dire tant de choses importantes en quelques mots me déchire …

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CAPTCHA *