Culture & Solidarités et Oasis

DD Tours, la région Hauts de France organise des circuits pour développer les initiatives



Une alternative concrète vaut mieux que mille mots. C’est un peu la philosophie des DD Tours des Hauts de France. Pour accompagner les collectivités locales, les entrepreneurs et même les simples citoyens sur le chemin des transitions énergétiques, écologiques et sociales, le Cerdd propose de découvrir des initiatives adaptables et reproductibles sur l’ensemble de la France.

 

En partant à la découverte d’un café solidaire à Lille, d’un jardin populaire à Grande-Synthe ou encore d’une station de pompage à Dunkerque, l’idée des DD Tours est de pouvoir transmettre. Et pour transmettre, ces circuits permettent de comprendre concrètement comment mettre en place de nouvelles alternatives. « Certains porteurs d’initiatives ont déjà essuyé les plâtres, donc mettre en avant leurs réussites, mais aussi leurs difficultés, joue un rôle d’accélérateur. Cela permet à ceux qui voudrait reproduire la même chose de ne pas commettre les mêmes erreurs », explique Emmanuel Bertin directeur du Cerdd, le centre de ressources développement durable. Mis en place en 2014, les DD Tours offrent un panorama des initiatives des Hauts de France pour mener à bien les transitions énergétiques, écologiques et sociales. Pensées sous forme de tourisme d’étude pour les entrepreneurs et les collectivités locales, l’équipe du Cerdd souhaite également toucher le grand public en proposant ces visites dans les offices de tourismes. C’est le cas à Loos en Gohelle, pionnier en matière de transition, où le Cerdd s’est chargé de former les guides sur ces problématiques. Il est entre autres possible de visiter un ancien site minier reconvertie en pôle du développement durable.

 

 

Bien loin de son passé industriel, l’ambition est de faire du territoire des Hauts de France un modèle du développement durable à l’image de l’éco-quartier de Fribourg-en-Brisgau en Allemagne, ou de l’îlot résidentiel sobre en énergie de BedZED au sud de Londres. À travers les 17 DD Tours mis en place par le Cerdd, de nombreuses thématiques sont abordées. À Lille par exemple, les participants sont invités à découvrir de nouveaux modèles économiques avec notamment la visite d’un supermarché coopératif et d’un café à gouvernance partagée entre deux associations. À Arras, au cœur d’une citadelle Vauban, l’accent est mis sur l’énergie avec la visite d’une poudrière transformée en data center et d’une entreprise de conception d’éoliennes urbaines. Occupée par les militaires jusqu’en 2009, la citadelle est devenue un terrain d’expérimentation de REV3, la troisième révolution industrielle dans les Haut de France. Il s’agit d’une dynamique collective qui vise à transformer le territoire, pour en faire l’une des régions européennes les plus avancées en matière de transition énergétique et de technologies numériques.

 

 

Comme à Arras, il arrive qu’un thème spécifique soit mis en avant lors des DD Tours. Pour autant, le Cerdd encourage les collectivités, associations, entrepreneurs qui souhaitent reproduire ou créer de nouvelles pistes de transitions à les replacer dans un contexte global. « Les financeurs incitent parfois à travailler sur des alternatives très thématisées dans leur appel à projet. Le tout c’est de ne jamais perdre de vue la cohérence à l’échelle d’un territoire pour que les initiatives puissent réellement fonctionner », rappelle Emmanuel Bertin. « Nous encourageons l’émergence de projets et d’actions aux effets systémiques. Nous voulons montrer que les problèmes sont liés, ce qui créé une crise importante et que de simples actions en rangs d’oignons ne suffiront pas à faire rempart ». Un rituel s’est donc instauré au début de chaque DD Tour. Avant d’enfiler les manteaux et d’aller sur le terrain, les villes d’accueil prennent quelques minutes pour faire un point sur leur situation globale, les enjeux qui leur sont propres, leurs contraintes et les initiatives qu’elles sont parvenues à mettre en place. Un passage obligé qui peut s’avérer compliqué pour les représentants des collectivités. Lors de cet exercice imposé, certains peinent à s’éloigner des discours officiels classiques dans lesquels les objectifs (incertains) de 2050 prennent plus de place que les réalisations concrètes d’ores et déjà fonctionnelles sur leur territoire.

 

Là encore, l’objectif est de pouvoir transmettre un maximum de clefs à ses touristes d’étude en décortiquant les différents processus de mises en place d’alternatives et les difficultés qui vont avec. Dans cet optique d’essaimage, le Cerdd épaule également les régions qui souhaitent mettre en place leurs propres circuits. Ce soutien a notamment permis de donner naissance à 8 DD Tours en Normandie, par le biais de l’ARE, l’agence régionale environnement. Informer, rassurer, essaimer, en se développant de plus en plus en France, ces DD Tours ont l’ambition de donner les armes de la transition à une grande multitude d’acteurs.

 


Trois questions à Emmanuel Bertin, directeur du Cerdd :

Quel est le rôle du Cerdd ?

Cerdd signifie Centre ressource développement durable, c’est une organisation qui cherche à stimuler le développement durable et la prise en compte des enjeux climat à l’échelle des Hauts de France. Nous mettons à disposition des ressources utilisables par les acteurs du territoire pour mener leur projet. Et cela dans le but de remplir trois missions : favoriser l’engagement de chacun, outiller les démarches, faciliter les innovations qu’elles soient sociales ou technologiques par exemple. Pour cela nous organisons des temps forts, des débats, des rencontres et des visites de terrains. Nous essayons de décloisonner les acteurs et de les amener à échanger leurs connaissances pour emmener les transitions dans une bonne direction.

Comment a-t-il été créé ?

Le Cerdd a été créé en 2001 dans le sillage d’une stratégie régionale qui été portée par l’ancien vice-président de la région, Jean-François Caron, par ailleurs, maire de Loos en Gohelle. À cette époque, une stratégie de développement durable régionale avait été élaborée. Dans ce cadre, une structure a vu le jour. L’idée c’était d’avoir un endroit qui centralise les ressources des différentes initiatives liées au développement durable et où on puisse trouver les ressources pour aider les acteurs à déployer leur projet.

Comment s’organise la structure ?

Nous avons un statut un peu particulier. Lors de la création du Cerdd en 2001 nous étions une association mais en 2006, nous sommes devenus un groupement d’intérêt public. Concrètement cela a permis de porter la notion de développement durable au rang de service public et donc nos deux partenaires principaux et financeurs sont devenus le conseil régional Hauts de France et l’État comprenant notamment l’ADEME.


Par Marion Mauger

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