Zéro déchet

Faire réparer ses objets au Repair café pour ne plus jeter

Réparer, ensemble, des objets en fin de vie, tel est le but du Repair café © Elsa Raverdy

 Quand un objet tombe en panne ou qu’un vêtement se déchire, le premier réflexe consiste souvent à… en racheter un neuf ! Pourtant, une solution écologique simple existe, ouverte à tous, gratuite et génératrice de lien social : se rendre dans un Repair café. Lors de ces rassemblements conviviaux, des outils sont mis gratuitement à votre disposition et des bricoleurs bénévoles sont disponibles pour vous aider si vous le souhaitez. Kaizen a participé à un Repair café et vous explique tout.

1. Trouver son Repair café

Les Repair cafés sont organisés par des équipes bénévoles. Ils peuvent avoir lieu… dans un café bien sûr, mais aussi dans une salle des fêtes, un local associatif voire un parc ou un jardin public aux beaux jours.

Pour trouver le prochain Repair café le plus proche de chez vous, rendez-vous sur le site national repaircafe.org/fr et tapez le nom de votre commune. Vous serez ensuite redirigé vers le site Web ou la page Facebook de l’association Repair café locale, qui aura mis en ligne les prochaines dates et les prochains lieux de rencontre.

À Paris, deux ou trois Repair cafés sont organisés chaque mois, dans différents lieux. Je me suis rendue au Repair café du Centre d’animation René Goscinny (Paris 14e), un lieu éclectique axé sur la rencontre qui, en plus des ateliers de yoga, de sophrologie, de langue des signes, de cuisine, de jardinage ou de musique, accueille régulièrement des Repair cafés.

2. Choisir UN objet à réparer

© Elsa Raverdy

Quand on prend le temps de regarder les objets que l’on a chez soi, on se rend compte que beaucoup « traînent » dans l’attente d’être réparés. Dans le placard, cette machine à pain dont la commande pétrissage ne fonctionne plus ; sur la table de chevet, le réveil et son bouton volume bloqué ; au fond de la commode, un jean troué… Si, en théorie, vous pouvez vous rendre au Repair café avec plusieurs objets à faire réparer – à la condition de refaire la queue à chaque objet –, sachez que, souvent, beaucoup de monde fait le déplacement et qu’il y a peu de chance pour que vous ayez le temps de faire deux fois la queue. Une solution ? Venir à deux, chacun avec un objet ! Vous pouvez apporter à réparer électroménager, ordinateur, téléphone portable, vêtement, meuble, vaisselle, vélo, jouet, etc. Selon le type d’objet, pour être certain qu’il y aura un réparateur ou une réparatrice qualifié-e présent-e le jour J, vous pouvez contacter en amont les organisateurs du Repair café.

Pour ma part, j’y suis allée avec la balance que nous utilisons dans mon groupement d’achats pour peser les fruits et les légumes lors des distributions. À la suite d’une mauvaise chute, ses pesées étaient devenues imprécises.

3. Prendre un ticket

Samedi 6 février, 15 heures 30, une heure après l’ouverture du Repair café, j’arrive avec ma balance sous le bras, impatiente de lui donner une seconde vie. Visiblement, je ne suis pas la seule, puisque cinq ou six personnes patientent devant moi pour recevoir un numéro d’attente et qu’une quinzaine d’autres, déjà en possession d’un ticket, attendent d’être appelées. À cette vision, certains, sans doute venus avec l’espoir de faire réparer leur objet sur-le-champ, rebroussent chemin.

Lorsque j’arrive au guichet d’accueil, une bénévole pèse ma balance (sic) et en note le poids sur un carnet. Elle m’explique que c’est pour calculer combien de kilos de déchets auront été évités grâce au Repair café à la fin de la journée, sachant que la réutilisation ou la réparation d’un objet d’un kilo équivaut à un kilo d’émissions de CO2 évitées. En 2015, dans le monde, les Repair cafés ont ainsi permis d’éviter 200 000 kilos d’émissions de CO2 ! Puisque je ne me sens pas capable de réparer ma balance seule grâce aux outils disponibles dans l’atelier d’autoréparation, la bénévole m’inscrit sur la liste d’attente pour rencontrer l’une ou l’un de la vingtaine de réparatrices et réparateurs présents.

Il est 16 heures, le Repair café est censé fermer ses portes à 17 h 30, mais des bénévoles posent déjà des affiches « COMPLET » à l’entrée du centre. Au total, ce seront plus d’une centaine d’objets qui auront été apportés cet après-midi-là.

4. Patienter en créant du lien

S’il faut avoir un peu de patience avant de voir son tour arriver, la « salle d’attente » du Repair café n’en a heureusement rien d’une. Ici, la convivialité est de mise. Certains font connaissance accoudés « Chez René », le bar gratuit du Centre d’animation René Goscinny, où café, thés, jus de fruits et petits gâteaux apportés par les bénévoles et les visiteurs sont proposés, tandis que d’autres bouquinent sur les banquettes ou discutent avec les associations pour la réduction des déchets présentes pour faire connaître leurs activités. Ce jour-là, pour les enfants, un atelier bricolage autour du recyclage et des déchets était mis en place et animé par des bénévoles avec, au programme, réalisation d’un hérisson porte-cartes à partir de vieux catalogues ou d’un bilboquet en papier et boutons.

Ordinateurs, aspirateurs, mais aussi meubles et vêtements : tout se répare au Repair café ! © Elsa Raverdy

5. Réparer… ou pas

Une heure vingt plus tard, mon numéro est enfin appelé ! On me dirige auprès de deux amis bricoleurs qui participent régulièrement aux Repair cafés d’Île-de-France. Quand je leur montre la balance, difficile pour eux de cacher leur joie : « Super, une balance mécanique ! » En effet, près de nous, les réparateurs s’affairent presque tous autour d’objets électroniques : ordinateurs, micro-ondes, mixeur… À ma droite, la mise sous tension d’un appareil à raclette fait sauter les plombs et partir l’assemblée dans un fou rire. Tandis que les deux volontaires dévissent le socle de la balance, je suis invitée à regarder, questionner, voire participer, le but étant que je puisse réaliser moi-même ce type de réparation la prochaine fois. En tout cas, le problème paraît enfantin aux bricoleurs : il suffisait de raccourcir un petit ressort qui s’était distendu. C’est réparé, et en moins de 15 minutes ! Les deux compères sont très satisfaits, d’autant plus que cela faisait trois objets de suite qu’ils n’avaient pas eu de succès. En effet, certains objets ne peuvent pas être réparés, souvent car l’un de leurs composants doit être changé. Dans ce cas, le visiteur est invité à aller acheter la pièce de rechange et à revenir se faire aider pour la poser lors d’un prochain Repair café.

Pour nourrir les statistiques de l’association, je dois indiquer en partant que ma balance a été réparée. On estime que 70 % des objets apportés dans les Repair cafés le sont. Certaines personnes repartent donc bredouilles, mais le sourire aux lèvres, heureuses d’avoir participé à cette belle expérience conviviale et prêtes à revenir avec d’autres objets. Si le Repair café est gratuit, en cas de réparation réussie, vous êtes grandement invité à faire un don, même minime, dans les tirelires présentes sur les tables. Il permettra à l’association d’acheter de nouveaux outils, du matériel de protection ou des pièces de rechange, pour réparer encore plus d’objets !

Et vous, vous êtes-vous déjà rendu-e dans un Repair café ? Quelle y a été votre expérience ?

Par Diane Routex


Pour aller plus loin :

Lire la BD Qui descendra les poubelles ?, Rue de l’échiquier, 2016. Un beau matin, peu après avoir mis sa tartine dans le grille-pain, Monsieur Tout-le-Monde entend un drôle de bruit, zdoïng !, et sa machine rend l’âme. Que va-t-il faire ? Avec un humour décalé, Nat Mikles nous explique comment accomplir des gestes simples pour réduire nos déchets.


Lire aussi : La poule : l’animal de compagnie zéro déchet

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