Changeurs de monde, faiseurs d’histoire(s)

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Eva Wissenz et Brian Fraval rédigent actuellement 3 livres rassemblant 300 super-héros inspirants dans tous les domaines et de toutes les cultures (de Vandana Shiva à Satish Kumar en passant par Paul Watson ou Pierre Rabhi).

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3 Questions à Eva Wissenz

Pourquoi vous êtes-vous lancée dans ce projet «  Changeurs de Monde » ? Des livres qui recensent des personnalités existent déjà !

L’idée est plus de proposer un autre genre de manuel d’histoire(s) que de valoriser des personnalités. L’histoire de ces personnes n’est qu’un prétexte. Notre envie est de proposer d’autres références historiques aux jeunes, des exemples plus constructifs pour aller avec courage vers un autre paradigme.

Nous voulons montrer que l’Histoire, la grande, est faite de toutes nos histoires. À travers ces 300 portraits, nous souhaitons rassembler et montrer que dans l’histoire de l’humanité, des moments de cohabitation positive ont été et sont possibles.

Notre vie, notre mémoire sont conditionnées par les livres d’histoire, les romans, les fictions, mais les initiatives positives et stimulantes n’y sont pas souvent valorisées. Or il y a de grands trésors dans l’histoire de l’humanité qui sont ignorés, qui peuvent nous permettre de traverser cette crise complexe en nous appuyant sur leur courage. L’idée est aussi de les relier pour nous relier nous-mêmes. En parallèle, nous allons recueillir les témoignages des « Grands Cœurs », ces changeurs de tous les jours qui sont les souscripteurs du projet et dont les récits seront également édités.

Quel a été le déclencheur du projet ?

Il y en a eu trois en fait. Tout d’abord la découverte de Thomas Sankara, par hasard, et ma stupeur de constater que je n’en n’avais jamais entendu parler malgré un parcours universitaire long. Du coup, j’ai commencé à faire des recherches transversales, dans tous les domaines, sur ces visionnaires que j’ai partagées sur le blog de laseiche.net. Plus tard, j’ai découvert Howard Zinn et son Histoire populaire des Etats-Unis et j’ai adoré ce travail. Howard Zinn était un faiseur de paix, un désobéissant, un universitaire aussi qui s’appuyait donc sur toute une équipe. Je me suis dit que quelqu’un allait s’y mettre, proposer d’autres genres de manuels d’histoire. Puis j’ai rencontré Fabrice Nicolino, auteur de livres importants sur le drame écologique et dont le travail m’inspire beaucoup. Il a une plume magnifique et une mémoire de la vie politique française saisissante. Et du coup, j’ai secrètement espéré qu’il allait se mettre à un projet de ce genre… Il était déjà sur 10 000 autres trucs tout aussi importants donc un matin je me suis dit : allez on y va, et Brian a partagé cette envie.

Pour mener à bien ce projet, vous avez choisi de faire appel aux dons en direct sur votre site, pour quelles raisons ?

Je suis adepte de la cocréation. Laisser le citoyen décider du type de livres qu’il a envie de lire est très important à mes yeux. Le financent participatif est une bonne approche, mais les plates-formes connues imposent pour ce type de projets encore trop de contraintes, notamment en matière de durée. En gérant cette campagne sur notre site, nous pouvons être plus « souples » sans devoir subir le stress des contraintes classiques. Cette approche s’inscrit aussi dans la continuité de la démarche des éditions Seepia : être le plus léger possible ; nous n’avons pas de stock, les livres sont imprimés à la demande, donc pas de pilon, pas de productions « qui ne servent à rien ».

 

Propos recueillis par Pascal Greboval et Diane Routex

 



Lire aussi : Changer l’Histoire, c’est changer d’histoire

Une réponse

  1. Cosson corinne

    Bonjour,

    Nous sommes des centaines à animer des ateliers d’Education Créatrice de part le monde, toute à l’origine formée auprès d’Arno Stern qui oeuvre dans le domaine de la peinture libre depuis 1946 en France. Hommage à ce grand homme qui a consacré sa vie à rendre accessible la libération de l’Expression et à comprendre le langage universelle du dessin. Sandrine Sananès en est une parmi d’autres. Nous sommes convaincus des bienfaits de cette pratique du jeu de peindre et toutes le proposent dans le respect des recherches d’Arno Stern. A savoir : pas d’exposition des tableaux pour apprendre à se libérer du regard extérieur et de l’appropriation, pas de jugement et de commentaire sur les peintures et bien sûr un lieu calme, clos et propice à l’émergence de l’élan de peindre.

    En vous remerciant de ne pas oublier Arno Stern, le pionnier de cette pratique, et toutes celles qui garantissent et font vivre l’Expression libre selon cette pédagogie unique et respectueuse.

    Corinne Cosson , praticienne d’éducation créatrice à Fontenay le Comte et ailleurs.

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