Elles-ils voyagent autrement

Et si voyager autrement, c’était prendre le temps de profiter du chemin et des rencontres, sans penser à la destination finale ? Que ce soit à pied, à vélo, en voilier, en train ou même en auto-stop, il existe mille et une façons de découvrir un pays et ses habitants.

voyageurs

© Pascal Greboval

Portraits réalisés dans le cadre “Voyager autrement”, le dossier de Kaizen 26 en kiosque à partir du 21 avril 2016

Nicolas Breton : Hors des sentiers battus

Petit, déjà, Nicolas Breton rêvait des Indiens d’Amazonie. Devenu grand, il a commencé à s’imaginer partir en volontariat pour lutter contre les injustices du monde. Mais le travail l’a rattrapé. Quatre ans seulement. Le temps d’un double CDD dans une ONG et d’un court séjour dans une plantation de café au Costa Rica et ses rêves de voyage sont revenus. « J’ai refusé le CDI qu’on me proposait et je suis parti. C’était maintenant ou jamais ! » Son rêve ? Voyager hors des sentiers battus, là où personne ne va, pour s’immerger réellement, le plus profondément possible, dans chaque pays traversé. « Cela n’a pas été évident au début ; on a tendance à regarder les guides de voyage et à aller où tout le monde va ! » Mais, peu à peu, en s’efforçant de trouver d’autres façons de voyager, en lâchant les guides pour s’ouvrir davantage à la rencontre et au partage et se laisser surprendre par les imprévus, il a trouvé sa voie. En 15 mois, il a ainsi égrainé mille et une expériences de vie aussi fascinantes que surprenantes : acteur et figurant à Bollywood, volontaire en Amazonie dans une communauté indigène sur un projet d’écotourisme, auto-stoppeur en Argentine, yogi en Inde et même marcheur aux côtés de guépards et de scientifiques dans la savane africaine ! « Ce voyage m’a beaucoup apporté. Il a notamment remis en question plusieurs sphères de ma pensée à l’occidentale. Je me sens aujourd’hui encore plus sensibilisé aux questions d’environnement, car j’ai pu voir des forêts décimées en Amazonie ou observer des gamins jouer dans des fleuves totalement pollués…. » Le fait de voyager seul a aussi été très important pour lui. « Cela te force à provoquer la rencontre avec l’autre. » Pour rien au monde il ne changerait désormais sa façon d’être en voyage. Il est d’ailleurs reparti depuis, en Europe, en auto-stop et à vélo. « On a souvent peur avant de partir, mais il faut faire confiance à la vie et à l’inconnu ! »

Nicolas Breton, Hors des sentiers battus, Découvrir le monde autrement, éditions ABM, 2015

Famille Lutt : En voilier, au gré du vent


Valentin et Carine Lutt ne sont pas des novices en matière de voile. Cela fait plusieurs années qu’ils naviguent régulièrement en croisière habitable. N’empêche, jusqu’alors, ils n’avaient jamais largué les amarres pour un périple d’un an à la voile. Qui plus est avec leurs trois enfants Noémie, 11 ans, Camille, 8 ans et Simon, 5 ans ! « On a eu envie de faire un break professionnel pour vivre cette expérience avec nos enfants et prendre ce temps si précieux en famille. » L’objectif ? « Ouvrir leur regard sur le monde et sur d’autres modes de vie », tout en respectant l’environnement. « Nous avons préparé notre bateau dans l’idée de consommer peu d’énergie fossile et d’être le plus autonomes possible », explique Carine, 40 ans. Pour cela, ils se sont équipés de « panneaux solaires et d’un hydrogénérateur pour produire l’électricité à bord », ainsi que d’un « désalinisateur pour transformer l’eau de mer en eau douce ». Le moteur ne servant finalement que pour les manœuvres d’arrivée et de départ au port. L’avantage de voyager en voilier ? « Être nomade sans refaire ses valises à chaque étape, bouger tout en gardant un chez soi où l’on peut se ressourcer. Être au contact de la nature… » Et vivre une expérience familiale extraordinaire. « Nous nous découvrons tous dans ce voyage où nous sommes tous égaux devant l’inconnu. C’est très différent de la vie de sédentaire avec des parents qui « savent », remarque la mère, qui donne cours à ses enfants via le Cned. Seul bémol, peut-être ? Le fait d’être souvent perçus « comme des clients », lorsqu’ils débarquent dans un nouveau pays. « Mais, lorsqu’on discute un peu avec la population locale, que l’on explique d’où l’on vient et la durée de notre voyage, la relation change. » D’autant plus que les Lutt ont décidé d’être solidaires en participant à quelques missions avec Voiles sans frontières. Avant leur départ, ils ont ainsi collecté des fournitures scolaires qu’ils ont ensuite distribuées dans les écoles de la région du Sine Saloum, lors de leur passage au Sénégal. Une étape « marquante » dans leur périple qui devrait se finir à l’été 2016.

siminoe.net /voilessansfrontieres.org

 

Par Véronique Bury

 


Retrouvez d’autres portraits de voyageurs dans le dossier « Voyager autrement » de Kaizen no 26

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