Pascal Signolet :
« Essayer de construire le monde tel que l’on voudrait qu’il soit »

Le Festival Atmosphères « de l’air, de l’air, de l’air » fait son retour à Courbevoie et à la Défense du 11 au 16 octobre. L’occasion de découvrir gratuitement un cinéma engagé tout en assistant à de nombreuses conférences et animations dont le but est de réfléchir ensemble au monde de demain. Pascal Signolet, le créateur et délégué général, revient pour Kaizen sur l’origine de ce festival pluriculturel et nous présente les temps forts de cette 6e édition.

© Festival Atmosphères

© Festival Atmosphères

Qu’est-ce qui vous a amené à créer le Festival Atmosphères ?

Dès le début, mon idée a été de faire quelque chose d’utile. En tant que réalisateur, j’avais l’habitude d’être invité à des festivals (Pascal Signolet a notamment réalisé les documentaires “Poubelle la vie” en 2010 et “Marées noires : le naufrage des droits de l’homme ?” en 2002). Mais soit il s’agissait de festivals engagés politiquement, soit de festivals complètement nature. Il n’y avait pas de festivals qui englobaient l’homme et la nature, l’économie et le social au sens du développement durable. Cela m’a donné envie de créer un festival qui me plaisait. D’autant que j’avais compris depuis longtemps qu’il fallait le concours de tout le monde, de tous les milieux, pour faire évoluer les choses. J’ai donc envoyé mon projet à la mairie de Courbevoie, peu de temps avant le grenelle de l’environnement (2007), et un adjoint m’a répondu. On a échangé pendant plusieurs années. J’ai persévéré, travaillé dessus, rencontré d’autres personnes, des électrons libres, qui avaient les mêmes envies, le même état d’esprit. Et on a fini par créer une association (Atmosphères 21 en 2009) et le festival a enfin vu le jour pour la première fois en 2011.

Pascal Signolet aux côtés de Marion Cotillard © Festival Atmosphères

Pascal Signolet aux côtés de Marion Cotillard © Festival Atmosphères

Atmosphères en est désormais à sa sixième édition. Comment a-t-il évolué au fil des ans ?

Au départ, on était plutôt parti sur un festival de cinéma, mais très rapidement on a eu envie d’approfondir ce que l’on voyait dans les films en organisant des conférences. Puis de fil en aiguille, des artistes du monde du théâtre, de la musique, des arts plastique, sont arrivés. Ils nous ont proposé des choses et on s’est dit pourquoi pas ? Aujourd’hui, Atmosphères est un festival pluriculturel qui utilise toutes les formes de créations, dont l’enjeu est le développement durable et l’objectif de contribuer modestement à rendre le monde meilleur. Il attire de plus en plus de monde puisque nous sommes passés en cinq ans de 3 000 à 15 000 personnes. Cette année encore, nous espérons toucher entre 12 et 15 000 personnes, voire plus, ce qui serait extraordinaire. Mais c’est difficile de faire des prédictions car le festival est gratuit et il n’y a pas de réservation en amont.

Justement, parlez nous de la programmation de cette année. Quels vont en être les temps forts ?

Des temps forts, il y en aura tous les jours ! Cela commencera d’ailleurs sur le parvis de la Défense, les 11 et 12 octobre, avec le Solar Sound System qui accompagnera un atelier d’Upcycling ouvert à tous et une grande collecte d’accessoires pour la « cravate solidaire » (1), une opération utile qui nous tient particulièrement à cœur et à laquelle une quinzaine d’entreprise des tours de la défense vont participer. Les projections et les conférences débuteront, quant à elles, le jeudi 13 avec la soirée d’ouverture consacrée au film l’Odyssée, qui pose un regard assez objectif sur la vie du commandant Cousteau. Le lendemain sera marqué par la rencontre de notre parrain Cyril Dion, auteur et coréalisateur de Demain (césar du meilleur documentaire 2016) avec le public et la projection en soirée de Sonita, un film extraordinaire sur une gamine afghane, destinée à être vendue par ses frères, qui s’est sauvée, a atterri en Iran avant de devenir rappeuse aux États-Unis. Il y aura aussi, le lendemain, le film « L’attrape-rêves » avec Mélanie Laurent, sur les médecines parallèles… ou encore, le dimanche, le spectacle « Laborigins » sur les origines de l’énergie qui rassemblera trois scientifiques Pierre-Henri Gouyon (biologiste), Étienne Klein (physicien et philosophe), Michel Spiro (physicien), la chanteuse, Maïa Barouh, et des danseurs et musiciens. Sept conférences/débats seront aussi organisés parallèlement à la vingtaine de films projetés. La mise en perspective sera un thème central de tous ces échanges avec notamment la conférence du samedi « 2038, les futurs du monde ». Nous avons fait ce choix car nous n’en sommes plus au constat aujourd’hui, nous en sommes maintenant à construire l’avenir et l’avenir se construit maintenant ! Nous serons donc cette année beaucoup plus dans la prospective, non pas pour prédire, mais pour essayer de construire le monde tel que l’on voudrait qu’il soit, afin de ne pas le subir. Pour que chacun ait envie de s’engager avec enthousiasme, que chacun devienne acteur de sa vie. Notre volonté est d’essayer d’avoir une vision de l’avenir, un autre imaginaire, que celui que l’on a aujourd’hui.

(1) La « cravate solidaire » est née du constat de trois jeunes étudiants en école de commerces qui, en réalisant que tout le monde était habillé en costume ou en tailleur à la Défense, ont proposé d’organiser une collecte auprès des salariés du quartier afin d’aider les chômeurs qui n’avaient pas de costumes à se mettre sur le dos pour se rendre à leur entretien d’embauche.

 

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Véronique Bury

© Kaizen, construire un autre monde… pas à pas

 


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