Au Forum social mondial, éducation populaire et engagement citoyen à tous les étages

Alors que le 12e Forum social mondial se poursuit sous le soleil de Montréal, Oxfam-Québec nous présente, lors d’un atelier autogéré, sa pédagogie de l’espoir en vue de mobiliser jeunes. Un peu plus loin, rencontre avec l’association PCEIM, qui crée du lien entre personnes isolées et bénévoles, illustrant les bienfaits de l’engagement citoyen.

© Pauline Cabirol

© Pauline Cabirol

Du constat des inégalités naît l’indignation. En réaction, l’être humain est naturellement poussé à fuir, se désengager ou combattre. Or si l’ONG Oxfam-Québec veut attirer l’attention sur les inégalités sociales existantes, elle cherche à mobiliser, et plus particulièrement les jeunes, qui représentent l’avenir ! Le défi de l’équipe locale d’Oxfam ? Alarmer et faire garder espoir. L’espoir, indique l’association, permet de se projeter dans le futur tout en procurant un sentiment de sécurité. Il est nécessaire à la résilience. Et c’est cette résilience qui permet de rebondir, de dépasser un stress traumatique pour le transformer en une action transformatrice. Face à l’injustice et l’oppression, la résilience est vitale.

En premier lieu, il faut s’intéresser à ce qui préoccupe les jeunes. Celui-là trouve que les toilettes de son école sont dans un état lamentable ? Lui proposer de prendre rendez-vous avec le directeur pour lui exposer la situation. Un autre regrette le peu d’installations municipales dédiées à la jeunesse ? L’inviter à rencontrer le maire. Ces pas très concrets répondent aux besoins des jeunes et les valorisent dans une action qui améliore le vivre-ensemble. C’est indispensable pour avoir le goût, comme disent les Québécois, de poursuivre cet engagement.

L’étape suivante est d’inviter à ajouter la parole à l’action. Parler, à l’image de graines que l’on sème, car cette parole issue de l’action est nécessaire aux prises de conscience collectives.

Quand la citoyenneté active des jeunes s’exprime pleinement, il est alors important de les valoriser. Féliciter, encourager, reconnaître permettent d’ancrer la confiance de la personne, de la soutenir dans ses choix d’engagement. « L’engagement est un rite de passage à la citoyenneté active », expliquent les deux animateurs de l’atelier d’Oxfam, qui insistent sur le rôle de l’adulte à ce moment-là. Un adolescent est en pleine construction identitaire, c’est un âge où il forge son esprit critique. Geneviève-Gaël Vanasse, coordinatrice du programme mobilisation à Oxfam-Québec, utilise l’image du prisme : l’adulte serait ce prisme qui renvoie le rayonnement que le jeune produit par ses propos et engagements. Parler ensuite avec le jeune de ses expériences lui permet d’intégrer et de mettre du sens à ce vécu. Le rite de passage, celui qui initie un jeune à la citoyenneté active, est alors complet. Nos deux intervenants d’Oxfam peuvent alors clore l’atelier et nous inviter à pleinement investir ce rôle d’accompagnants de la jeunesse !

Le parrainage pour sortir les personnes malades de l’exclusion

Claire a plus de 70 ans et aime faire des rencontres et papoter. Elle a pris contact avec l’association PCEIM (Parrainage civique de l’est de l’île de Montréal) il y a quelques années afin d’avoir un parrain. Depuis, elle est devenue active, tant dans l’association qu’à l’extérieur. À ses côtés, David Castrillon, directeur de PCEIM, explique la genèse du projet. Cela remonte à 1976, quand des psychiatres ont voulu sortir de leur contexte habituel des personnes vivant une situation d’exclusion due à une problématique de santé mentale. L’approche est centrée sur la relation sous forme de jumelage civique. Un citoyen bénévole et une personne ressentant le besoin de sortir d’une situation d’isolement vont tisser, au fil des rencontres, un lien de réciprocité, qui va au-delà du clivage de la relation d’aide. La personne parrainée redevient un citoyen lambda qui, au même titre que ses concitoyens, peut échanger, donner et recevoir.

Le parrainage permet de sortir de son quotidien. Un parrain actif est passionné de botanique ? Il invite la personne à se joindre à la prochaine sortie nature avec son club ! « Une personne isolée, se souvient David Castrillon, ne se sentait pas capable d’assister et encore moins de prendre la parole à un café-rencontre, au début de son jumelage. Aujourd’hui, elle a tellement pris goût à ces cafés qu’elle en est devenue animatrice, tout en rejoignant le conseil d’administration de PCEIM ! » L’association compte 68 jumelages en cours, avec 5 salariés et 120 membres. Bousculant notre façon habituelle d’appréhender la maladie mentale et l’exclusion, elle accueille chacun tel qu’il est, sans se préoccuper de son étiquette, mettant tout le monde sur un pied d’égalité.

 

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Pauline Cabirol

© Kaizen, construire un autre monde… pas à pas

 


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