La Fête des professeurs s’installe en France

C’est une grande première pour les professeurs de France : une fête mensuelle leur est dédiée. L’occasion pour eux de recevoir des remerciements et des présents de la part de leurs élèves. Rencontre avec Florence Rizzo, directrice de l’association SynLab et initiatrice de ces festivités.

Florence Rizzo - © Thomas Masson 2

Florence Rizzo – © Thomas Masson

Kaizen : Qu’est-ce qui vous a motivée à créer la Fête des professeurs ?

Florence Rizzo : Seulement 5 % des enseignants en France se sentent reconnus [selon une étude de l’OCDE]. La France est loin derrière les Émirats arabes unis, Singapour ou la Corée du Sud, où près de 70 % des professeurs se sentent valorisés par la société.

Peu de gens le savent, mais une centaine de pays à travers le monde fêtent leurs professeurs, dont la Russie, la Chine, la Syrie et le Pakistan. Il existe même une journée mondiale des enseignants : le 5 octobre. Elle a été mise en place par l’Unesco en 1994.

Pour toutes ces raisons, je trouvais important de permettre la création d’une fête des professeurs en France. L’idée a été lancée par l’association SynLab, mais elle est surtout portée par la société civile et par des partenaires, comme Le Printemps de l’éducation ou le réseau Canopé.

Cette fête c’est un moyen de remettre de la joie, de l’enthousiasme et de la spontanéité dans les rapports élèves-professeurs. La première édition dure tout le mois de juin 2015. Elle a lieu dans le primaire, dans les collèges, les lycées, les universités, mais aussi dans les conservatoires de musique et de danse.

En quoi consiste cette première édition ?

Nous avons laissé la liberté à tout le monde de témoigner sur notre site Internet. Tout au long de l’année, un internaute pourra poster une carte postale virtuelle à l’intention d’un professeur marquant. À ce jour, 93 personnes ont témoigné, dont Inès de La Fressange, Patrick Poivre d’Arvor, Oxmo Puccino, Erik Orsenna et Bernard Pivot !

oxmo

Notre plate-forme, c’est juste un cadre, un prétexte pour que les personnes valorisent leurs professeurs. Cela permet également aux élèves qui ont peur de passer pour des « fayots » de ne pas avoir honte !

Dans les écoles, des élèves organisent en ce moment même des événements : concours d’acrostiches, remises de fleurs, distribution de lettres, création de chansons, retour d’anciens élèves, etc.

Les professeurs qui ont reçu ces premières marques de reconnaissance sont agréablement surpris. Ils avaient peur, au départ, de recueillir des témoignages négatifs ! Mais c’est le contraire qui est arrivé.

Cela permet aux enseignants d’avoir une idée de leur impact. Ils peuvent se dire : « Je sers à quelque chose, je suis utile. » L’éducation, c’est un temps long, donc tous les retours, même dix ans après, ont beaucoup de valeur.

Avez-vous un message particulier à adresser à l’un de vos anciens professeurs ?

Je viens d’un milieu où l’on a une grande confiance dans l’école. Ma famille vient d’un bassin minier de l’est de la France. Il y avait la conscience que l’éducation était une voie d’ascension sociale pour apprendre et comprendre les codes. Pour ces raisons, j’ai suivi de longues études. Les professeurs qui m’ont marquée étaient des passionnés, authentiques, engagés, qui m’ont fait passer des messages – qui continuent de me porter encore aujourd’hui – au-delà de la matière qu’ils enseignaient.

Un professeur tient une grande place dans la construction d’un élève. Il ne fait pas qu’enseigner une matière. Il joue un rôle important pour donner confiance, faire aimer une discipline, transmettre le goût d’apprendre ou pour guider vers une orientation professionnelle.

En ce moment, je suis accompagnée par un professeur de sculpture sur terre. Elle incarne exactement les valeurs d’un enseignant rêvé ! Sa formation est personnalisée et elle pousse chacun au maximum de ses capacités. Son enseignement est humaniste, respectueux. Je vais lui adresser un mot pour la remercier et lui dire qu’elle incarne le professeur du futur.

 

Propos recueillis par Thomas Masson

 


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