Alimentation

Jeûner pour mieux s’alimenter

© Pascal Greboval

Moins, c’est mieux ? Pratique ancestrale utilisée pour détoxifier le corps et l’âme, le jeûne revient sur le devant de la scène, réunissant de plus en plus d’adeptes séduits par ses vertus thérapeutiques.

« S’intéresser au jeûne fait prendre conscience que l’alimentation joue un rôle essentiel, à la fois sur notre bien-être physique et psychique et sur notre santé », explique Thierry Vincent de Lestrade, auteur du film et du livre Le Jeûne, une nouvelle thérapie ? [1]. « Arrêter de manger et sentir que l’on va mieux conduit nécessairement à s’interroger sur la manière dont on se nourrissait et à se dire que l’on peut sûrement mieux faire. C’est un révélateur qui incite à modifier ses pratiques alimentaires dans le bon sens. »

Le jeûne, comment ça marche ?

Le jeûne entraîne une mise en repos du système digestif et provoque un phénomène d’autolyse par lequel le corps se libère de ses toxines et se nourrit sur lui-même, en puisant dans un premier temps sur ses réserves superflues, ce qui a pour effet de nettoyer l’organisme.

« Ce grand nettoyage apporte des bienfaits dans une vision holistique de la personne, explique Claudine Richard, naturopathe. Il est à la fois revitalisant pour le corps, revivifiant pour l’esprit et le mental, et porteur d’équilibre sur le plan émotionnel. »

Le jeûne : un choix à la carte

Décider de jeûner répond à une démarche personnelle qui nécessite de choisir le mode de jeûne le plus adapté à la personne, à son mode de vie et à son expérience antérieure du jeûne. « Un jeûne est efficace à partir d’un repas et peut se pratiquer, à la carte, une journée ou  quelques jours, voire plusieurs semaines, à condition que la personne soit bien informée, ne présente aucune contre-indication (manque de vitalité, maigreur, hypotension chronique, pathologies cardiaques ou infectieuses évolutives…), et que ses émonctoires (foie, intestins, reins, poumons, peau) soient en parfait état de fonctionnement pour éliminer les toxines », précise Claudine Richard. « Il doit être précédé et suivi d’un repas léger et peut se conduire en ne buvant que de l’eau ou des jus de légumes frais qui, outre le fait qu’ils sont absorbés presque instantanément et sans effort digestif, permettent de recharger l’organisme en nutriments salutaires. »

« Jeûner, un voyage intérieur. »

 Depuis trois ans, Yann, 42 ans, ingénieur en informatique, père de trois enfants, pratique le jeûne en été et en hiver, après les fêtes. Curieux, il découvre le jeûne fortuitement en surfant sur un site de randonnées qui propose des stages de jeûne à la ferme. Une découverte qui, au-delà de mettre son corps au repos, lui a permis de se recentrer sur l’essentiel. Il témoigne : 

« Jeûner à l’eau, en autonomie, pour la première fois, me paraissait un peu fou de prime abord, mais une petite voix intérieure me disait que j’en étais capable et que j’allais apprendre beaucoup de cette expérience. J’ai commencé un été après avoir passé un pacte par lequel je m’engageais à participer normalement à la vie de famille et à faire acte de présence aux repas, ce qui a rendu les deux premiers jours de mon premier jeûne particulièrement difficiles, malgré une préparation mentale et physique par la réduction progressive de mon alimentation les jours précédents. Après la deuxième nuit, comme je m’y attendais, j’ai senti que j’avais passé un cap. Mon corps commençait à puiser dans ses réserves, et la privation de nourriture devenait moins obsédante. Au terme de ce premier jeûne d’une semaine, j’avais perdu quelques kilos superflus, mais, surtout, je me sentais étonnamment bien physiquement et mentalement. Bien qu’ayant fait une erreur de débutant en sous-estimant l’importance de la reprise progressive de l’alimentation, ce bénéfice a duré quelques mois et m’a conduit à approfondir mes recherches sur le sujet pour optimiser la conduite du jeûne, car je comptais bien réitérer l’expérience. Depuis, j’ai fait six jeûnes, dont le dernier cet été sous une forme qui m’a particulièrement convenu. J’ai amorcé la mise au repos de mon organisme par une monodiète banane de neuf jours, et terminé mon jeûne de sept jours à l’eau citronnée par une cure de sept jours durant laquelle je n’ai absorbé que des jus de fruit et de légumes frais bio réalisés à l’aide d’un extracteur de jus. Le jeûne m’a permis de comprendre que ce dont on a réellement besoin est issu de la nature. Il m’a conduit à revenir à une alimentation plus simple, plus naturelle et moins transformée, et m’a fait prendre conscience que les aliments issus de la terre sont riches d’une information et de vibrations positives pour le corps et l’esprit. C’est une démarche personnelle qui questionne et modifie considérablement notre rapport à la nourriture. »

Par Marie Fuks.

Article initialement publié dans Kaizen 18

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Jean François B. le 27/12/2018 à 17:02

Bonjour,
ok, merci pour l'article "jeuner pour s'alimenter" .... il eût été sympathique pour ne pas dire normal et loyal de citer les vidéos de Thierry Casasnovas (ici la première série en 2016 : https://youtu.be/P-4PTxmbYVg - et ici la nouvelle série de 2018 : https://youtu.be/aELnmiKpT1s) ... c'est le meilleur spécialiste en France de l'information sérieuse et complète sur le sujet (et non truquée par les labos pharmaceutiques), ... ou pour le moins, citer les professionnels de santé-pionners qui ont étudié le jeûne comme Herbert M.Shelton ou Arnold Ehret pour ne citer qu'eux, et cela date de plus de 60 ans ! (comme d'ailleurs en Russie où des milliers de patients ont été soignés via le jeûne depuis 60 ans dans une clinique des plus officielles / cf. reportage d'Arte : https://boutique.arte.tv/detail/jeune_nouvelle_therapie ). Si qq est intéressé.e je peux vous comuniquer le reportage complet gratuitement via Wetransfert.
Bien cordialement
Jfb